La technologie dans le sport : attention au revers de la médaille

Le sportif du dimanche comme l’athlète professionnel apprécient les bénéfices de la technologie dans leur équipement. Sécurité, confort, performance… rien n’est épargné pour que l’expérience sportive soit concluante, voire s’achève sur une victoire (bien méritée) en compétition. Quels sont les apports de la technologie? Quels sont les dérapages possibles?

 

À chaque discipline son innovation technologique
En favorisant l’émergence des matériaux synthétiques au détriment des matières naturelles, les innovations technologiques permettent de créer des équipements plus légers et résistants, limitant ainsi le risque de blessures. Sur le plan vestimentaire, le sportif peut désormais rester au sec, même après d’intenses efforts, grâce à l’intervention des nanotechnologies sur les fibres textiles. Quant aux athlètes à mobilité réduite, ils peuvent désormais bénéficier de fauteuils roulants positionnels ou de prothèses « jetables » afin de s’adonner à leur sport préféré. Ainsi, la technologie ne cesse de repousser les limites comme en témoignent les chaussures de course qui emmagasinent et restituent l’énergie, les selles de course connectée ou encore les masques d’escrime transparents qui ne se couvrent pas de buée.

 

La vidéo au service des professionnels
Rien ne peut arrêter un athlète dans la recherche d’un titre, d’une médaille, d’un trophée. Afin de se rendre sur le podium, l’athlète va aussi prêter attention à la qualité de ses entraînements. Et, c’est là que la vidéo entre en jeu : grâce aux avancées technologiques, elle permettra au sportif de décomposer son geste image par image et de déceler des positions invisibles à l’œil nu et ainsi corriger son geste ou sa position afin d’améliorer sa performance. La vidéo est également de plus en plus présente dans l’arbitrage. C’est ainsi que l’arbitre d’un match de soccer de haut niveau compose désormais avec la technologie de la ligne de but et l’assistance vidéo (VAR) qui ne peut être utilisée que dans quatre cas précis (but, pénalité, carton rouge, erreur d’identité sur un joueur). Toutefois, cette avancée technologique en laisse perplexe plus d’un : le rythme des matchs se trouve ralenti et la décision finale revient malgré tout à l’arbitre.

 

Quand la technologie devient synonyme de dérive
La question de la technologie dans les compétitions sportives est un sujet délicat. Comment respecter l’équité entre les concurrents? Comment ne pas tomber dans le technodopage – terme créé aux JO de 2008 lorsqu’ Oscar Pistorius a été éliminé après que des experts ont estimé que ses prothèses en carbone amélioraient sa vitesse de 15 à 30 % sur ses concurrents valides? Il est légitime de se demander si ce sont les performances seules de l’athlète qui lui permettent de surclasser ses concurrents ou tout simplement son équipement sophistiqué à la pointe de la technologie. Qui a eu le plus de mérite aux Championnats du monde à Rome en 2009 aux 100 mètres papillon : celui doté d’une combinaison en polyuréthane (qui a mis 15 min à l’enfiler) ou celui qui a réalisé un très beau parcours en simple maillot? Pour éviter ce travers, certaines fédérations interviennent, à l’image de la Fédération internationale des sociétés d’aviron qui a décidé de limiter cette « course à l’armement » afin de veiller à ce que la technologie ne supplante ni les efforts ni la motivation de l’athlète à parvenir à se prouver, voire à se dépasser.

 

Comme toujours, la technologie est bénéfique à bien des égards, y compris dans le sport. Toutefois, utilisée à l’extrême, la technologie ne nécessiterait-elle pas d’être encadrée afin que la pratique du sport au niveau professionnel reste un modèle pour le sportif amateur?

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