Paléo-énergétique : d’anciens brevets à la rescousse de la transition énergétique?

En épluchant les brevets tombés dans le domaine public, Cédric Carles – un passionné d’énergies nouvelles – a réalisé que bien des innovations, abandonnées ou ignorées à l’époque, pourraient être remises au goût du jour par nos industriels pour apporter des solutions rapides et efficaces à la transition écologique.

 

 

Hésitation autour des anciens brevets
Dans son livre Rétrofutur. Une contre-histoire des innovations énergétiques, Cédric Carles ne nous invite pas à vivre comme à l’époque de nos grands-parents, à la « bougie ou avec un cheval de trait ». Il attire notre attention sur ces auteurs et ces ingénieurs pour qui l’écologie, à la fin du 19e ou au début du 20e siècle, avait déjà une résonance particulière. Rappelons-nous Jules Verne, en 1875, dans l’Île mystérieuse qui pensait « qu’un jour, l’hydrogène et l’oxygène [seraient] les sources inépuisables fournissant chaleur et lumière » ou encore de Zola qui se laissait à penser à « une société fondée à l’énergie solaire ». Pourquoi nos industriels d’aujourd’hui ne veulent-ils pas profiter de cette manne? Peut-être préfèrent-ils développer leurs propres brevets pour en retirer un certain gain financier… Heureusement, les acteurs de l’économie collaborative et de l’open source semblent davantage s’intéresser aux anciens brevets que leurs aînés.

 

Magnus et la propulsion éolienne
Qu’ont en commun les paquebots de la société finlandaise NorsePower et les cargos de l’entreprise allemande Enerco? Leurs imposants mâts rotor qui leur permettent d’économiser 10 % à 40 % de carburant grâce à la propulsion éolienne. Concrètement, ces mâts à vent, en forme de cylindre de trente mètres environ, tournent avec les vents latéraux créant ainsi une force, une propulsion perpendiculaire au vent. Cette innovation est tout simplement une application de l’effet Magnus, qui a été mis en évidence par le physicien allemand Heinrich Gustav du même nom en 1852. En conférant un mouvement de rotation à une balle, par exemple, il se crée un différentiel de pression qui engendre une déviation de la trajectoire sans aucun apport complémentaire d’énergie. Il faudra attendre 1924 pour qu’Anton Flettner exploite ce principe sur son bateau Buckau, puis 1980 avec les « turbovoiles » du commandant Cousteau.

 

Bennett et la cheminée solaire
Près de 120 ans séparent le premier brevet de cheminée solaire – déposé par l’Anglais Alfred Rosling Bennett – et la tour Ashalim, située dans le désert du Néguev en Israël, qui devraient assurer la consommation électrique d’une ville de 120 000 foyers. Que s’est-il passé entre en 1897 et 2018? Pas grand-chose… à part un ingénieur espagnol qui a suggéré, en 1903, d’accoter à sa maison une tour solaire et un ingénieur français, Edgar Nazare, dont la tour Nazare a fait les manchettes en 1960 sans parvenir à convaincre des bienfaits de son projet les autorités gouvernementales, qui ne juraient que par l’énergie nucléaire à l’époque. Aujourd’hui, la Californie, le Maroc, le Chili; demain l’Afrique du Sud et la Chine. Ces pays ou États prennent le virage de la transition énergétique, quels que soient le coût et les contraintes. Un tel projet, c’est ni plus ni moins qu’un parterre de 50 600 miroirs (qui suivent la course du soleil) répartis sur 300 hectares (400 terrains de soccer) et une tour de 240 mètres de hauteur en son sein sur laquelle se réfléchissent les rayons du soleil, permettant ainsi de chauffer l’eau à 600°C qui, une fois transformée en vapeur d’eau, redescend vers une turbine qui produira de l’énergie… et le tour est joué!

 

Comme le pense Cédric Carles, à quoi bon s’évertuer à développer sa propre innovation farfelue (trottoirs produisant de l’électricité, plantes rechargeant nos cellulaires…). La transition énergétique ne peut plus attendre, alors inspirons-nous des brevets passés, et la technologie fera le reste!

 

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